Gap -  Hautes-Alpes

 Rencontre avec Abdourahman Ali WABERI

 

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Aux Etats-Unis d’Afrique - Jean Claude Lattès, 2006 :

Un livre qui met le monde à l'envers.
L’Afrrique est présentée glorieuse et prospère, avec ses prestigieuses universités, sa prospérité économique et culturelle mais ce n’est  pas une Afrique accueillante et ouverte. Elle est le miroir de l’Occident actuel. Et les migrants, les parias, les exilés, les rejetés qui sont en Occident essaient de regagner l’Afrique là où est la prospérité. Et l’Afrique prospère ne fait pas mieux que les euraméricains par peur du péril blanc. Ils refusent d’accueillir les migrants.
Le soir : « Rien de plus jouissif qu’un renversement de la situation géopolitique. Rien de plus jouissif qu’un grand rire nègre ou rabelaisien pour dire le monde tel qu’il boite. 
Un récit plein d’humour où on sent que Waberi s’amuse beaucoup : Nelson Mandela ne doit sa célébrité qu’à ses chemises à fleurs.
A côté de la description de cette Afrique, on a le récit de la vie de Maya ; une jeune fille blanche exilée sur cette terre où elle n’est pas née, mais où elle a grandi. Et elle part à la recherche de sa mère biologique. « Tu es et tu restes une exilée, une exilée à la racine qui plus est » insistera l’auteur jusqu’à la fin.

Passage des larmes - Jean Claude Lattès, 2009 :

Un livre difficile à résumer, multiple, foisonnant d'idées et de formes. Plusieurs récits s'entrecroisent. Djibril, revient dans son pays pour une mission de renseignements. Il a quitté Djibouti des années plus tôt, dans des circonstances qu'on devine douloureuses. Froid et déterminé au début, il se laisse submerger par ses souvenirs. Un autre personnage, énigmatique, enfermé, prisonnier, fanatique semble tout connaitre de ses faits et gestes et le menace d'une vengeance implacable pour s'être éloigné des valeurs de la religion et vivre parmi des infidèles.. Des lettres de Walter Benjamin viennent éclairer (ou complexifier) le récit ....

A la fois un exposé géopolitique, un livre d'espionnage, une variation sur l'exil, une dénonciation du fanatisme religieux, un journal intime. Impossible à définir. Tout cela à la fois et bien plus encore. On se perd et plus on avance dans le livre, plus on est pris au piège de la narration et de l'envie d'en apprendre encore davantage sur Djibouti tout en voulant savoir ce qui va arriver au personnage principal.. Au niveau de l'écriture, on navigue aussi entre plusieurs formes dont surgissent des descriptions et des images extrêmement poétiques.

La divine chanson - Zulma, 2015 :

Quand le chanteur afro-américain, né en 1949 Gil Scott-Heron, est mort, Abdourhaman Waberi a voulu lui rendre hommage. Il a écrit « la divine chanson » qui est une sorte de biographie de  Scott-Heron réinventé ici sous le nom de Sammy l'enchanteur, celui qu’on va appeler le «Bob Dylan noir». Mais ce n’est pas une présentation chronologique. Les événements de sa vie sont éparpillés dans le livre : son enfance, son engagement pour la cause des Noirs, sa musique, son père, sa grand-mère, la drogue, la mort (un vautour à deux têtes qui rôde)  …
Et ce qui n’est pas le moins important, c'est un vieux chat roux recueilli dans une rue de Harlem qui est le narrateur. C’est un chat soufi qui en est à sa septième vie, qui est entièrement dévoué à son maître qu’il va accompagner jusqu’à la mort. "Reprenons le fil des événements. Je m'appelle Paris. Je ne suis pas juste un chat roux. Je suis le vieux chat du prodige Sammy Kamau-Williams, c'est son histoire que je vais vous conter si toutefois elle n'est pas encore parvenue à vos chastes oreilles."  C’est lui qui nous entraîne, à travers les ghettos noirs ou sur les scènes où le jazz est roi, partout où la divine chanson continue d’être chantée, la divine chanson étant le tube mythique de Scott Heron des années 70 « The Revolution will not be televised ».

A côté de l’hitoire de  Gil Scott-Heron on a l’histoire des Etats-Unis sous la présidence Reagan, Nixon, Bush (il y a des pages sur le mouvement pour les droits civiques, sur les sans-logis de New York, sur les méthodes de la police pour nettoyer la ville….) mais c’est aussi et surtout une investigation sur l’art : qu’est-ce que c’est un artiste ? Comment on devient artiste, comment un artiste prend la parole pour les autres pour parler du monde, comment il va et comment il ne va pas.
Et c’est surtout un très beau livre sur la musique, puisque Gil Scott-Heron a touché beaucoup de genres : jazz, punk, hip hop …et blues puisque le blues est à la racine de tous ces genres. Et la musique a un rôle salvateur dans notre monde qui ne va pas bien.

 

Rencontre à Veynes, le 6 juillet 2019