Gap -  Hautes-Alpes

Le souffle de la forêt

Simonetta Greggio

Ed Arthaud, 2026

 













 

 




« Ce livre est un roman, et en tant que tel, il est une libre interprétation de la réalité.
Même si tout est inspiré d’une histoire vraie, l’auteure se réclame de son imaginaire et de sa propre vision
»
( extrait de la note de l’auteure en fin d’ouvrage.)

Dans cette enquête littéraire Simonetta Greggio PART sur les traces de Simona Kossak (1943-2007) biologiste, zoopsychologue, professeur et écrivaine polonaise.
La vie de Simona Kossak est celle d’un personnage de roman: avec un père artiste, issu de la vieille aristocratie de Cracovie et une mère tyrannique, elle vit dans une villa avec chandeliers en argent mais sans amour. Alors très tôt , Simona se réfugie dans le parc auprès des animaux.
Après des études brillantes, à trente ans, c’est la rupture totale : elle s’éloigne du milieu universitaire traditionnel et elle PART s’installer dans la dernière forêt primaire d’Europe, à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie. Là, pendant 30 ans, dans cette forêt de Bialowieza, elle vit dans une cabane abandonnée, sans eau courante
ni électricité, avec un lynx à ses pieds, une laie apprivoisée qui dort dans son lit, un corbeau qui boit dans son verre en cristal, des chevreuils, des ânes, des sangliers.

Avec son compagnon Lech Wilczek, photographe animalier, elle devient une des premières scientifiques à défendre l’idée que les animaux sont des êtres sensibles qu’il faut respecter, elle observe les animaux dans leur milieu naturel, analyse leur comportement, veille à la protection des espèces et à l’amélioration du bien être animal.
C’est une pionnière de l’ethologie donc, et aussi de l’écofeminisme quand elle se bat obstinément contre les forestiers productivistes et l’Etat pour sauver Bialowieza.

Dans « Le souffle de la forêt », Simona Kossak n’est pas présentée comme une héroïne sans défauts. À travers un récit aux formes variées ( courts chapitres, digressions et impressions personnelles de l’auteure, extraits d’interviews, témoignages de ceux qui l’ont connue ), se dessine le portrait d’une Simona Kossak
intransigeante, acariâtre à l’occasion, persuadée d’avoir toujours raison et, justement, insupportable pour ses collègues. Simonetta Greggio met cependant en avant son humanité. Derrière la personnalité rugueuse de Simona on devine la blessure et la fragilité. Derrière la « sauvage » hors normes qui fuit les hommes, on comprend que c’est en fait une famille que Simona cherche à reconstruire avec les animaux.

Simonette Greggio nous offre un beau portrait de femme illustré par les photos en noir et blanc de Lech Wilczek.
Une femme libre qui « (…) a incarné cette philosophie de vie et de vision du monde qu’elle sous-tend sans jamais en faire une théorie. Simona n’a jamais écrit de manifeste : son existence entière est une déclaration d’amour aux plus fragiles, son unique ambition était de protéger, aider - sauver . Elle ne cherchait ni les récompenses ni les titres, seulement à veiller sur ce qui peut encore être épargné dans ce monde livré au saccage systématisé. » («Le souffle de la forêt » p.11)

(Présentation : Tiziana Champey)