Le drame absolu : la compagne du narrateur, Liam a été tuée par un ours. Elle a juste eu le temps de protéger son petit garçon en le plaquant sous elle.
Déboussolé, il se lance dans un périple démesuré, âpre, dans une nature hostile, avec ce gosse qui l’encombre, on comprend très vite qu’il veut s’en débarrasser.
Petit à petit, le voyage infernal se transforme en voyage intérieur.
Le narrateur est un homme qui regarde son enfant dormir et raconte pourquoi il va partir avec lui. Son odyssée va nous emmener avec eux à travers la montagne et leur relation faite de silences et de mots liés à la nécessité.
Sandrine Collette, par cette narration à l’essentiel, accentue le caractère fruste du père, la nécessité de la survie par la chasse, la misanthropie. Au fil du récit, la tension monte.
Elle ne nous épargne pas le sauvage et les violences des relations mais ses mots parlent de toutes les facettes de l’humain, y compris les moins reluisantes, et ils ne sont pas gratuitement terrifiants.
(Présentation : Christine Macle)