Après une enquête minutieuse et la recherche de témoignages, l’auteur nous raconte
l’histoire de sa grand-mère. Suzanne Meloche nait le 10 avril 1926 en Ontario, dans une
famille francophone. Les Canadiens francophones par opposition aux anglophones
dans ces années-là sont attachés à leur religion catholique très présente dans la vie
des familles.
La famille de Suzanne n’échappe pas à cette emprise. Achille son père
professeur va perdre son travail pendant la grande crise des années 1930, la famille
composée de nombreux enfants va se retrouver dans la paupérisation.
A 18 ans
Suzanne, encouragée par son père va à Montréal participer à un concours d’art
oratoire, elle va découvrir une liberté d’idées et de paroles malgré le poids de la
religion. A Montréal elle se retrouve dans un groupe d’artistes peintres et écrivains qui
seront le ferment de la “révolution tranquille” du Québec.
Dans ce groupe elle
rencontre un peintre Marcel Barbeau avec qui elle se marie, elle soutient Marcel dans
son travail artistique. À la naissance de son deuxième enfant alors qu’ils vivent dans
une grande précarité elle réalise qu’elle ne peut plus ni écrire ni peindre. Suzanne
prend alors une décision radicale, elle abandonne ses enfants en août 1952. Sa vie écartelée entre son travail de création et ses enfants délaissés va devenir une fuite en
avant de Montréal à Londres à New-York pour revenir à Ottawa.
Sa petite fille Anaïs
Barbeau-Lavalette nous fait découvrir avec l’histoire de sa grand-mère la difficulté
pour une femme artiste de se consacrer à son art dans ces années 1930 à1965. Elle
nous fait découvrir un côté de cette révolution culturelle québécoise. L’auteur utilise la
deuxième personne du singulier et par cette interpellation elle recrée une intimité
qu’elle n’a pas pu avoir avec sa grand-mère. L’écriture a quelques tournures
québécoises qui nous rappelle le parler de la “Belle Province”
(Présentation : Laurence Wagner)