Gap -  Hautes-Alpes

La femme de Gilles

Madeleine Bourdouxhe

Labor Litterat, 2008

 

- Accueil

- Qui sommes-nous ?

- Livres nomades 2021_2022 :

    Presentation de l'action
    Choix des livres nomades
    Les lieux relais

- Livres nomades :
      (années précédentes)


   2020_2021
   2019_2020
   2018_2019
   2017_2018
   2016_2017
   2015_2016
   2014_2015
   2013_2014
   2012_2013
   2011_2012
   2010_2011
   2009_2010
   2008_2009

- Autres livres autour du theme choisi :

    Le roman, écho de notre temps
    Petites maisons d'édition
    Terres d'Afrique
    Des histoires de grands espaces
    L'art dans le roman
    Chemins d'exil


- Rencontres littéraires :

     Sorj Chalandon
     Clara Arnaud
     M. de Kerangal et S. Prudhomme
     Luc Bronner
     Mohamed Mbougar Sarr
     Abdourahman Ali Waberi
     Catherine Gucher
     Guillaume Jan
     Jean Hegland
     Pierre Benghozi
     Jean-Baptiste Andrea
     David Vann
     Joseph Boyden
     Guy Boley
     Franck Pavloff
     Michel Moutot
     Nicolas Cavaillès
     Sandrine Collette
     Slobodan Despot
     Gauz
     Pierre Lieutaghi
     Kaoutar Harchi
     Sylvain Prudhomme
     Olivier Truc
     Maylis de Kerangal
     Antonio Altarriba et Kim
     Makenzy Orcel
     Metin Arditi
     Dinaw Mengestu
     Gilles Leroy
     Denis Grozdanovitch
     Alice Zeniter
     Serge Joncour
     Liliana Lazar
     Joel Egloff
     Christophe Bigot
     Boualem Sansal
     René Fregni
     Jean Pierre Petit
     Hubert Mingarelli
     André Bucher
     Beatrice Monroy
     Samuel Millogo
     Alfred Dogbé
     Ghislaine Drahy
     Autour d'Isabelle Eberhardt
     Hélène Melat, littérature russee

- Des coups de coeur :

   La Liste

- Lecture à haute voix :

    2021_2022
    2020_2021

- Atelier d'écriture :

    2018_2019

- Lectures partagées à Gap :

    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016
    2014_2015

- Lectures partagées au Pays des Ecrins:

    2021_2022
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017

- Pérégrinations littéraires :

    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Echappées livres :

    2019_2020
    2018_2019
    2017_2018
    2016_2017
    2015_2016

- Sieste littéraire :

    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020

- Emission-radio sur Fréquence Mistral

    2021_2022
    2020_2021
    2019_2020
    2018_2019

- Nos partenaires :

    Mairie de Gap
    Conseil Departemental
    Mediatheque de Gap
     Foyer Culturel Veynois
     Radio Frequence Mistral
     Festival de Chaillol
    UTL de Gap
    Cinematheque d'images de montagne
    Mediatheque de Laragne
    Mediatheque du Poet
    Pays des Ecrins


- Contact

- Bulletin d'adhésion

Thierry Haumont, écrivain wallon, présente "La femme de Gilles" dans la préface du livre. Il le tient pour un livre inoubliable et en montre toute l'intensité et la dimension tragique.
Laissons-lui la parole :

L'amour d'une femme

Ceux qui avaient lu "La femme de Gilles" de Madeleine Bourdouxhe en parlaient comme d'un livre inoubliable; mais voilà : qui l'avait lu, qui le lisait encore, en dehors de quelques historiens de la littérature, ou du féminisme, après que se fit éloigné le formidable écho que ce roman produisit à sa parution,
en 1937 ?
1937... Le vacarme des années de guerre allait bientôt mettre d'autres sons dans les oreilles de ses contemporains; l'humilité de l'auteur ferait le reste. Le roman n'aurait plus subsisté que comme une brève référence en voie d'oubli - un poignant portrait de femme (Simone de beauvoir en a parlé) - s'il n'avait continué à être porté par l'admiration de quelques fidèles qui le firent lire à leurs connaissances et réussirent à imposer sa réédition...
S'il fallait rassembler sous un seul vocable la richesse que donne à voir, et à partager, ce roman, je choisirais celui de pureté. On éprouve à le lire l'émotion la plus pure... On trouvera ici une merveille de limpidité, d'équilibre, de dépouillement, de pudeur - de cette pudeur qui est la seule supportable : celle qui ne camoufle rien....
Je m'en voudrais d'être trop précis, de dévoiler la trame du roman. Tout doit se découvrir par soi-même, au rythme voulu par Madeleine Bourdouxhe. Un rythme proprement miraculeux, qui touche d'emblée, qui nous porte autant qu'il nous surprend. Un ton unique, qui est bien davantage que ce qu'on appelle, de nos jours, la petite musique d'un style; l'extrême luminosité d'une écriture, une manière toute lisse d'avancer au coeur insondable des passions, une plus grande simplicité pour traduire ce qui, à l'analyse, se révélera être d'une très grande complexité.

Thierry Haumont explique alors que le roman qui n'aurait pu n'être qu'un drame est élevé au niveau d'une tragédie pure, universelle :
Mais quelle tragédie ? Celle d'un amour d'une puissance inouïe dans sa nudité même, dans sa simplicité primitive. Peut-on dire que l'amour qu'Elisa porte à Gilles soit fait de soumission ? Que la soumission, en d'autres termes, soit la composante majeure de sa passion ? Ici encore, je ne le pense pas. Il y a dans la soumission quelque chose de vil auquel cette femme échappe absolument. Ce n'est pas parce qu'il est exclusif, qu'il se contient dans un seul horizion, que l'amour d'Elisa s'inscrit pour autant dans un rapport de dominé à dominant. Il transcende la soumission, comme il transcende la jalousie. Là résident à mon sens, la richesse et la complexité de ce livre. Un amour si absolu qu'il s'anéantire au premier doute.
Roman admirable qui, aujourd'hui encore, nous paraît tout neuf
; qui donc, c'est le moindre risque de toute redécouverte, en fera vieillir beaucoup d'autres qui luio sont postérieurs ...