Quelque part, dans un endroit isolé de l'Alaska, en pleine tempête de neige, un enfant de 10 ans échappe à la surveillance de la jeune fille qui l'accompagnait et disparaît. Là-bas le blizzard semble encore plus mortifère que partout ailleurs, et on sait bien que Bess et le petit ne pourront pas s’en sortir malgré les hommes partis à leur recherche.
Ce sont ces hommes et cette femme que l’on va écouter, chacun leur monologue, orchestré dans des chapitres très courts. parfois très crus, parfois tragiques qui nous éclairent sur leur passé.
Tout d’abord, il y a Bess qui semble porter un lourd secret. Puis Benedict, le père du garçon, Cole et Clifford les rares voisins avec Freeman, vétéran du Vietnam dont la présence en Alaska est énigmatique.
Et puis il y a le grand frère de Benedict, celui qui est parti, un beau jour, sans explication et dont la maison est restée inhabitée.
J’ai trouvé le début très lent (dû peut-être à la violence du blizzard), le personnage de Bess vraiment pas intéressant, et cette histoire d’enfant perdu, improbable.
Puis, les courts chapitres se succédant, l’histoire va crescendo, toutes les pièces se mettent en place jusqu’au dénouement (presque) pas prévisible. Les personnages sont attachants, Freeman surtout, Bess devient même une héroïne, les deux mecs, Cole et Clifford, un modèle de machisme répugnant, et ce pauvre Benedict un peu paumé, un homme à vrai dire comme les autres.
Un récit choral pour ce premier roman que Marie Vingtras rythme comme un thriller à l'américaine en tenant le lecteur en haleine jusqu'au dénouement final.
( Présentation : Marie Loget-Claeren)