[…] Au coin de la rue Jean-Dolent (les prisonniers ne savent pas que quelqu’un souffre pour eux sur l’un des hauts murs de la Santé) une plaque avec 17 noms :
DERRIÈRE CES MURS
18 PATRIOTES ANTIFASCISTES
FURENT EXECUTES
SUR LES ORDRES D'UN GOUVERNEMENT
AU SERVICE DE L'ENNEMI
Omer et Amel, dans La Seine était rouge, inscrivent en lettres rouges, sur le même mur :
1954-1962
DANS CETTE PRISON
FURENT GUILLOTINES
DES RESISTANTS ALGERIENS
QUI SE DRESSERENT
CONTRE L'OCCUPANT FRANCAIS
Ces objets et ces lieux de mémoire, pourquoi ils m’obsèdent ? Parce qu’ils disent une résistance ? Je les ai cherchés jusque dans les cimetières militaires de France, d’est en ouest pour lire sur les stèles, non pas la résistance mais le nom des soldats ordinaires des deux guerres mondiales, soldats des colonies morts pour que vive la France qui les opprimait. Le savaient-ils ? Ils étaient peut-être fiers d’être des soldats et de se battre avec vaillance en première ligne comme ces tirailleurs africains et nord-africains pris dans les boues de la défaite de Dien-Bien-Phu. Sont-ils morts dans les camps du Vietnam communiste comme tant de soldats français ? Les enfants et les petits-enfants ne vont pas lire les noms des glorieux ancêtres oubliés, indochinois, africains, nord-africains, juifs et musulmans, le mémorial de Fréjus leur rend hommage. […]
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